GSL dans [La Provence]

Posté le Sep 22, 2016 dans art, Exposition, Marseille Street Art Show, Presse, Street Art
GSL dans [La Provence]

Des expositions qui cartonnent, des visites guidées très prisées, des festivals qui montent : longtemps relégué au rang de pollution visuelle, le graffiti est en train de changer d’image dans la citée phocéenne. Parcours fléché

Sa cote s’envole dans les ventes aux enchères, ses stars sont courtisées par les plus grandes galeries. À l’origine rebelle, provocateur et clandestin, le street art a, ces dernières années, sauté le mur de « l’underground » et conquis un large public. Perdre cette image sulfureuse lui a fait gagner des fans: à Marseille, il est même devenu un argument touristique, avec des visites qui lui sont désormais dédiées, dans les bons « spots » que sont le Panier et le cours Julien.Porté par un réseau de galeries pointues, il investit aussi des lieux hybrides plus inattendus, tels la Villa Alliv, une ancienne école, les murs de la future rocade L2 ou l’enceinte du marché aux Puces. Où voir des œuvres ? comment bien les lire ? Créer les vôtres: on vous dit tout sur un mouvement qui compose un décor passionnant et mouvant des rues de Marseille.

« Le niveau a été tiré vers le haut »

Guide conférencière, la Parisienne Alexandra Blanc-Vea a commencé à s’intéresser au street art dès 2007, à son arrivée à Marseille. Elle guide désormais enfants et adultes à travers la jungle dense et colorée des façades du cours Julien.

Comment dater l’intérêt du grand public pour le street art ?
Alexandra Blanc-Vea : « Je pense que d’une certaine façon, ici, c’est lié à Marseille 2013. L’événement a attiré l’attention des médias sur la création contemporaine en général. Cela a profité au street art, qui en est une expression. Les gens n’adhèrent pas à tout, mais ils veulent comprendre ce qu’ils voient. »

Comment est né le phénomène street art ?

Alexandra Blanc-Vea : « À Notre-Dame du Mont en tout cas, dans les années 90, je crois que son développement est lié à une initiative des commerçants, et notamment d’Hélène Racine, de la boutique Casablanca, de faire travailler des artistes sur les devantures, les rideaux de fer, pour éviter qu’ils soient taggés n’importe comment. Cela a créé un point de convergence d’artistes qui a lui même provoqué un phénomène d’émulation : de très bons graffeurs sont venus, cela a donné l’envie à d’autres d’être présents… Le niveau en a été tiré vers le haut. »

Qui sont les noms qui comptent ?

Alexandra Blanc-Vea : « À Marseille, on trouve les oeuvres de stars comme C215, des pointures comme Stef (Stéphane Moscato), Mahn Kloix, RNST… Mais aussi des signatures comme Gamo, Difuz, Risk, Amo, Mlle Geeze, Nhobi ou Binho, le Brésilien qui vient tout juste de quitter Marseille, Deuz… Il n’y a pas vraiment de « style marseillais », mais des tendances. En ce moment, on voit des choses plus engagées, en faveur de l’environnement, des réfugiés… »

Delphine Tanguy


Source : www.laprovence.com

Marseille Street Art Show 
Marché aux Puces, Hall des Antiquaires – 130 chemin de la Madrague-Ville, 15e
Rens. : www.galeriesaintlaurent.com