Les œuvres de Romain Froquet sont une invitation à la fantaisie et à la singularité issues de son propre subconscient. Froquet, artiste autodidacte, dirige sa passion pour le dessin vers des médiums divers sans préjugés. Il est aussi à l’aise en faisant de la peinture sur chevalet que dans la rue, recouvrant les murs des quartiers perdus et lugubres de la ville ou créant des œuvres in situ. Il désire s’exprimer avec ou sans public, en choisissant parfois des zones urbaines obscures pour habiller les murs de ses représentations arboriformes délicates qui donnent de la couleur et de la joie à un décor autrement maussade. Ni la surface ni la visibilité des installations n’ont d’importance. Il se présente ici comme un artiste éphémère et un interprète –c’est son processus qui devient primordial et non l’affichage public en soi. […]

Les références abondent dans les œuvres d’art créées par ce jeune autodidacte possédant une âme ancienne. C’est pourtant l’œuvre d’Arshile Gorky que je retrouve le plus clairement imprégnée dans son trait. Gorky insista sur la projection d’idées de son passé et de son histoire personnelle à travers une technique novatrice à une époque où l’on croyait avoir tout dit sur l’abstraction. Il n’avait pas peur de référencer et de réinventer des styles et des traits anciens de ses contemporains tels Pollock et De Kooning. Il a clairement exprimé sa pensée dans ses nombreuses citations : « L’abstraction permet à l’homme de voir avec son esprit ce qu’il ne saurait voir physiquement avec ses yeux… L’art abstrait donne à l’artiste le pouvoir de percevoir au-delà du tangible, d’extraire l’infini du fini. C’est l’émancipation de l’esprit. C’est une explosion vers des territoires inconnus. » […]

Yvonamor Palix
> source : romainfroquet.fr

ROUGE, Acrylique, 2017, 116 x 89 cm